Origine et histoire de la Chapelle Sainte-Madeleine
La chapelle Sainte-Madeleine de Bourg-en-Bresse, située dans le département de l’Ain, a été construite entre 1933 et 1935 sous la direction de l’architecte lyonnais Georges Curtelin, dans l’enceinte d’un asile religieux dédié aux femmes aliénées. Ce projet, initié par la supérieure Mère Angélique dès 1902 mais réalisé sous Mère Ambroise, remplace une chapelle devenue trop exiguë pour un établissement accueillant près de 1 000 patientes au début du XXe siècle. La nouvelle chapelle, bénie en 1935 par Mgr Amédée Maisonobe, se distingue par son plan moderne, son éclairage généreux et une décoration unifiée signée Jean Coquet (peintre-décorateur), Joseph Belloni (sculpteur) et Amédée Cateland (orfèvre).
L’édifice s’intègre dans un site hospitalier pavillonnaire fondé en 1826 par les Sœurs de Saint-Joseph, où les bâtiments, organisés autour d’un parc central, séparent les malades selon leur degré d’autonomie. La chapelle, conçue entre deux pavillons existants, intègre un porche historique et des chapelles rayonnantes dédiées aux malades, initialement fermées par des grilles (murées dans les années 1960). Son architecture audacieuse, saluée par la presse de l’époque pour sa « clarté et simplicité », marque une rupture avec les styles roman ou gothique traditionnels. Le carillon, béni en 1934 par Mgr Virgile Béguin, et la consécration solennelle en 1935 soulignent son importance symbolique.
Classée monument historique en 2013 et labellisée Patrimoine du XXe siècle en 2012, la chapelle reste ouverte au culte malgré la transformation du site en services publics par le Conseil général de l’Ain (racheté en 2001). Son chœur, divisé en deux espaces (l’un pour les religieuses, l’autre pour les malades), reflète sa vocation initiale : allier spiritualité et soins. Les aménagements ultérieurs, comme la suppression des grilles ou la réaffectation des chapelles en bureaux, témoignent de son adaptation aux usages contemporains, tout en préservant son héritage artistique et historique.
Le site de La Madeleine, dont l’organisation spatiale s’est figée vers 1879, comprend aussi un « château » (pensionnat Sainte-Marie) et des bâtiments médicaux répartis en périphérie du parc. Ce dernier, autrefois cultivé par les patientes, illustre la philosophie thérapeutique de l’époque, mêlant travail manuel et isolement. L’hospice, dirigé par des religieuses et des médecins comme le Dr Antoine Peloux, incarne l’évolution des pratiques psychiatriques au XIXe siècle, tandis que la chapelle, par son architecture et sa décoration, symbolise la modernisation des lieux de culte au XXe siècle.